Jean-Pierre Chevènement

Jean-Pierre Chevènement, sénateur du Territoire de Belfort est né le 9 mars 1939 à Belfort. Il ne s’est pas représenté aux dernières élections sénatoriales et a ainsi mis un terme à sa longue carrière politique. Revenons en quelques dates sur le parcours de cette personnalité nationale mais aussi franc-comtoise, parcours qui a commencé il y a près de 50 ans…

1. Chevènement, l'homme d'Etat

Elève de l’ENA (promotion Stendhal 1963-1965), Jean-Pierre Chevènement adhère au parti socialiste, la SFIO (Section française de l’internationale ouvrière) en décembre 1964.

1966 : le CERES

En janvier 1966, Jean-Pierre Chevènement est co-fondateur du CERES, Centre d’Etudes de Recherches et d’Education Socialiste avec Georges Sarre, Didier Motchane et Alain Gomez. Le CERES deviendra l’un des principaux courants du PS lors du congrès d’unification des socialistes à Epinay-sur-Seine en juin 1971.
Jean-Pierre Chevènement est chargé de l'élaboration du programme socialiste « Changer la vie » (en 1972) puis participe au Programme commun du gouvernement signé entre le parti communiste et le parti socialiste le 27 juin 1972.

Dans les années 70, les fondateurs du CERES, considérés comme « les jeunes loups » du PS, sont sans complexe et nous exposent tout ce que le parti socialiste leur doit dans ce reportage du 20h du 15 décembre 1973.

interviews des deux principaux dirigeants, Jean Pierre Chevènement et Georges Sarre puis de Gaston Deferre.

En avril 1979, Jean-Pierre Chevènement soutient François Mitterrand au congrès de Metz. Ce dernier le chargera de rédiger le programme socialiste en vue de la présidentielle de 1981.

1973 : Député du Territoire de Belfort

Le 11 mars 1973, Jean-Pierre Chevènement devient député socialiste du Territoire de Belfort.

Quelques jours après son élection, le jeune député nous expose ses origines franc-comtoises, sa définition de la politique, son arrivée en politique et ses projets au niveau régional et national :

Il restera député jusqu’en mai 1981, date de sa première nomination au gouvernement.
Pendant près de 30 ans, il alternera son mandat de député avec ses fonctions de ministre. (de 1973 à 1981, de 1986 à 1988, de 1991 à 1997 et de 2000 à 2002).

Lors des législatives de 2002, il perd son siège de député du Territoire de Belfort, battu par un jeune inconnu du grand public Michel Zumkeller (DL).

1981 – 1982 : Ministre de la Recherche et de la Technologie
sous la présidence de François Mitterrand - gouvernement 1 de Pierre Mauroy

Jean-Pierre Chevènement tout juste nommé ministre (le 22 mai 1981), reçoit les représentants de la science française, le comité consultatif de la recherche et annonce clairement que son ministère sera important dans le reportage de Georges Leclere (Antenne 2) du 26 mai 1981.

1982- 1983 Ministre de la Recherche et de l’Industrie
sous la présidence de François Mitterrand - gouvernement 2 de Pierre Mauroy

Jean-Pierre Chevènement remet sa démission à François Mitterrand en février 1983 et prononce la fameuse phrase :
Un ministre ça ferme sa gueule ou ça démissionne

Il montre ainsi son désaccord avec le président de la République sur la stratégie industrielle du gouvernement.
Nous sommes en pleine campagne des élections municipales et Jean-Pierre Chevènement se présente comme tête de liste à Belfort. Sa démission ne sera acceptée qu’après sa victoire en mars.

Le nouveau maire de la ville du Lion explique sa décision par un communiqué à ses administrés Belfortains. Il leur rappelle ses objectifs quand François Mitterrand lui avait confié l’Industrie et il justifie son départ par un manque de moyens pour atteindre ces objectifs.

Extrait du Journal télévisé de FR3 Franche-Comté du 26/03/1983

1984 – 1986 : Ministre de l’Education Nationale
gouvernement de Laurent Fabius

Le 19 juillet 1984, Jean-Pierre Chevènement est nommé ministre de l’Education Nationale (après la démission du gouvernement Mauroy). Parmi les réformes mises en place par le nouveau ministre de l’Education, celle des lycées et celle de l’enseignement privé.

La réforme des lycées

En 1985, Jean-Pierre Chevènement a pour ambition de faire accéder d’ici 15 ans 80 % des élèves au niveau du bac. Pour y parvenir, il veut diversifier les filières et ne veut plus que la terminale C soit la seule série d’élite. A la rentrée 1987 (pour les classes de première) et à la rentrée 1988 (pour les classes de terminale), sont mis en places 3 séries littéraires, 2 séries économiques et 3 séries scientifiques.

Le 22 mai 1985, le premier ministre Laurent Fabius annonce le lancement d’une loi-programme visant à revaloriser l’enseignement technique. Le lendemain, le ministre de l’Education, Jean-Pierre Chevènement explique ce projet dans le Soir 3. Pour lui, l’innovation qu’on doit retenir est la création d’un baccalauréat professionnel.

Un reportage diffusé dans Soir 3 le 23 mai 1985

La réforme de l’enseignement privé

L’année 1984 est marquée par la querelle scolaire public-privé : des débats houleux à l’Assemblée nationale et au Sénat, de grandes manifestations dans les rues de l’enseignement catholique mais aussi public contre le projet de loi du ministre de l’éducation Alain Savary. (+ d’infos sur wikipedia)
Jean-Pierre Chevènement est nommé à sa succession en juillet 1984.
Le nouveau ministre de l’Education soumet de nouvelles propositions sur la décentralisation de l’éducation s’appliquant à l’enseignement privé. Il règle 4 grands points qui avaient été au cœur des controverses depuis deux ans : le caractère propre des établissements, la nomination des maîtres, la carte scolaire et les conditions de signatures des contrats.
Le 31 août 1984 sur l’antenne de FR3 Franche-Comté, Jean-Pierre Chevènement nous explique de façon plus concrète l’application de son plan sur le terrain et plus précisément sur le Territoire de Belfort :

En décembre 1984, le Sénat adopte le projet de loi concernant l’enseignement privé. Le texte étend aux établissements agricoles les principes de la loi Debré dont ils ne bénéficiaient pas. En France, l’enseignement agricole est à cette époque à 60% privé. Cet enseignement est soit donné dans des établissements catholiques ressemblants aux établissements publics, soit donné par les maisons familiales rurales. Ces dernières se distinguent par leur formation en alternance. Par ce texte, la formation en alternance est donc pour la première fois reconnue par la loi.

Sa fonction de ministre de l’Education s’arrête le 20 mars 1986, avec la démission du gouvernement Fabius (défaite de la gauche aux législatives).

1988 - 1991 : Ministre de la Défense
1er et 2ème gouvernement Rocard

Le 12 mai 1988, Jean-Pierre Chevènement est nommé ministre de la Défense.

En juillet 1989, Jean-Pierre Chevènement fera adopter par le conseil des ministres son plan « Armées 2000 » qui consiste à redessiner la carte militaire de la France selon un nouveau découpage des commandements territoriaux et une nouvelle organisation des forces opérationnelles. La nouveauté de ce plan est la création de trois grandes zones de défense au découpage identique pour chaque armée.

Cette réorganisation entraine la suppression ou l’allègement de 23 états-majors et prévoit 10 circonscriptions de défense : 4 situées dans le nord-est (Strasbourg, Amiens, Besançon, Châlons-sur-Marne) 3 en zone Atlantique, 2 en zone Méditerranée plus Paris.
Pour Jean-Pierre Chevènement, Armées 2000 repose sur « une organisation simple, claire avec un double objectif : rendre le dispositif militaire plus cohérent avec le concept de dissuasion » et mettre l’accent « sur le renforcement des moyens opérationnels ».

Jean-Pierre Chevènement va s’inscrire contre la logique de la guerre du Golfe et l’engagement de la France aux cotés des alliés contre les forces irakiennes du président Saddam Hussein. Après 6 mois de crise et 13 jours de la guerre, il démissionne le 29 janvier 1991.

Comment a-t-il fonctionné dans cette crise du Golfe alors que, dès le départ, il a donné l’impression de prendre toutes ses distances avec ce conflit ?

Un reportage de Bruno Roger-Petit (Antenne 2)

1992 : du PS au MDC

Jean-Pierre Chevènement quitte le bureau exécutif du parti socialiste en juillet 1992 car il souhaite faire campagne pour le NON au Traité de Maastricht.
Il pense que « l’Europe doit être réorientée » :

Jean-Pierre Chevènement invité sur le plateau d’Antenne 2 le 15/07/1992

Jean-Pierre Chevènement reste socialiste mais lance un Mouvement des Citoyens (MDC) qu’il présente comme un recours pour la gauche : le 30 août 1992 il organise sa première convention du Mouvement des Citoyens dans son fief de Belfort. Son slogan est simple : « il faut un électrochoc pour éviter l’alternance factice et entre une gauche et une droite interchangeables ».

Il démissionne du PS en avril 1993 et transforme le MDC en parti politique. Il en sera le président de 1993 à 2001.
Il créé ensuite le Pôle républicain pour regrouper les comités de soutien de sa campagne de l'élection présidentielle de 2002.
En janvier 2003, il fondera un nouveau parti, le MRC, Mouvement Républicain et Citoyen.

1997 - 2000 : Ministre de l’intérieur
gouvernement de Lionel Jospin

Le 4 juin 1997, Jean-Pierre Chevènement est nommé ministre de l’Intérieur par le premier ministre Lionel Jospin.
Parmi les réformes qu’il a engagées : la loi sur l’immigration, la police de proximité, impulsion vigoureuse donnée à l’intercommunalité, réforme de l’Etat, départementalisation des services d’incendie et secours, accès de tous à la citoyenneté, parité hommes femmes. (D'après le communiqué qu’il transmet aux Belfortains le jour de sa démission)

La police

En 3 ans, Jean-Pierre Chevènement a su se rendre populaire auprès des policiers.
La réforme de la police de proximité était au cœur du dispositif présenté en 1997 au colloque de Villepinte par Lionel Jospin et son ministre de l’Intérieur. Les forces de police et de gendarmerie ont été redéployées sur le territoire national. De petits commissariats ont été fermés pour renforcer la présence policière dans les zones urbaines sensibles.
En 1998, il utilisera devant l’Assemblée nationale le terme de « sauvageon » alors qu’il incriminait l’assassinat d’une épicière par un mineur de 14 ans. Quand on lui parle de son expression, il explique qu’étymologiquement, le sauvageon est un arbre non greffé et qu’il mettait en cause l’insuffisance de l’éducation.

L’immigration

Le projet du gouvernement se fait en deux temps : une opération de régularisation censée mettre les compteurs à zéro. Puis la mise en œuvre d’une loi en vu d’éviter de nouveaux clandestins.
En juin 1997, une circulaire de Jean-Pierre Chevènement lance une opération de régularisation, la première de cette ampleur depuis 1982 qui connait un succès dépassant tous les pronostics : 145 000 demandes sont déposées en quelques mois. Plus de 70 000 personnes obtiennent un titre de séjour. Autant sont déboutées. Dans le même temps, le gouvernement engage une réforme de la loi sur l’entrée et le séjour. Pour Jean-Pierre Chevènement « il n’est plus question de bloquer l’immigration mais d’organiser un flux limité, nécessaire à l’économie et au rayonnement culturel de la France. » (Source : Le Monde 30 août 2000)

Intercommunalité

L’innovation principale de sa loi du 12 juillet 1999 est la création de communautés d’agglomération. En échange de substantielles dotations supplémentaires de l’Etat, ces nouvelles communautés se voient transférer d’importantes compétences par les communes membres. Elles prélèvent la taxe professionnelle devenue unique (TPU) sur l’ensemble de l’agglomération.

Le 23 août 2000, à la veille du conseil des ministres, le doute s’installe sur l’avenir du ministre de l’Intérieur : depuis le début de l’été, les positions de Jean-Pierre Chevènement sur la Corse ont créé des tensions avec Matignon. Les explications d’Arnaud Boutet (France 2) :
Finalement Jean-Pierre Chevènement démissionnera le 29 août 2000. Il explique qu’il ne veut pas « présenter au parlement un texte dont la logique était de transférer à l’Assemblée de Corse le pouvoir de faire la loi. »

2002 : Election Présidentielle

Jean-Pierre Chevènement déclare sa candidature à la mairie de Belfort le 4 septembre 2001. Dès octobre, il apparait dans les sondages comme le 3ème homme. D’après Ipsos-Le Point, il obtiendrait 12% des intentions de vote derrière Jacques Chirac (26 %) et Lionel Jospin (23 %). En novembre 2001, un sondage CSA-France3-France Info donne le chiffre de 37 % des français qui aimeraient le voir au second tour.

Le 19 janvier 2002, la notion de « chevènementisme pluriel » à l’instar de la gauche plurielle nait à la Défense, où se réunissent les comités de soutien du candidat à la présidentielle (Le pôle Républicain). Jean-Pierre Chevènement s’est présenté comme le seul capable de créer la surprise en rassemblant au delà des barrières traditionnelles droite gauche :

reportage de France 3 avec les déclarations de Lucie AUBRAC et de William ABITBOL

Au 1er tour de la présidentielle du 5 mai 2002, Jean-Pierre Chevènement ne remportera que 5,33% des suffrages et se place en 5ème position. Il appellera à voter au second tour pour Jacques Chirac afin de faire barrage au Front National et Jean-Marie Le Pen. Le PS lui reprochera d’avoir contribué à l’élimination dès le 1er tour de Lionel Jospin. Un mois plus tard, lors des législatives dans le Territoire de Belfort, il est battu par un jeune inconnu du grand public Michel Zumkeller (DL). Jean Pierre Chevènement sera resté sur les bancs de l’Assemblée Nationale presque 30 ans si on exclut ses 4 passages dans les ministères.

2008 : sénateur du Territoire de Belfort

Jean-Pierre Chevènement finit sa carrière politique en remportant l’élection sénatoriale dans le Territoire de Belfort le 21 septembre 2008. C’était la première fois qu’il était candidat au poste de sénateur.
Il ne se représente pas à l’issu de ce mandat (le 28 septembre 2014).

2. Chevènement, le Franc-Comtois

Jean-Pierre Chevènement est né en Franche Comté. Ses parents étaient instituteurs au Luhier, un petit village du Haut Doubs. Il est attaché à ses racines.
Extrait de son entretien dans Marianne du 4 septembre 2000 :
« Je suis franc-comtois et passionnément attaché à mon Jura natal, à ses forêts de sapins, je parle même le dialecte du Haut-Doubs… Néanmoins je ne vivrais pas toujours dans mes forêts. J’aime respirer des airs différents. J’adore flâner sur les quais de Seine. J’aime les voyages et en même temps, j’aime beaucoup la saucisse de Morteau mais je n’en mangerais pas tous les jours ! »

1976 : Conseiller régional

Janvier 1976, Jean-Pierre Chevènement devient conseiller régional puis est nommé vice-président du conseil régional de Franche-Comté.
En septembre 1981, il devient président du conseil régional. La Franche-Comté est alors la première région de France en termes de progression du chômage. Jean-Pierre Chevènement veut prendre des dispositions d’urgences :

Il démissionnera de sa fonction en février 1982. En préambule du vote pour son successeur, il s’adresse à l’assemblée régionale : « Mon objectif était de mettre le train sur les rails, j’aurais pu dire mettre la région sur orbite, ça aurait été davantage dans mes compétences actuelles (cf ministère de la Recherche), et je peux désormais passer le flambeau. »
Raymond Forni est élu président de la région. Jean-Pierre Chevènement sera à nouveau conseiller régional de 1984 à 1988.

1983 : Maire de Belfort

Le 13 mars 1983 Jean-Pierre Chevènement est élu maire de Belfort aux élections municipales. Il sera réélu jusqu’en 1995 et démissionnera le 5 juin 1997 à la suite de sa nomination au ministère de l’Intérieur. Il se représente aux élections municipales de 2001 et restera maire jusqu’en 2007.
Pendant sa campagne pour la législative partielle en octobre 2000, Jean-Pierre Chevènement fait le bilan de ses 27 ans à Belfort : sans lui « l’UTBM, les délocalisations de France Telecom, le centre de congrès Atria, la Fnac ou l’implantation de Plastic Omnium ne se seraient pas réalisés. »
Il a également transformé sa ville avec le rachat de terrains militaires, la mutation de l’urbanisme au centre ville et dans les quartiers. (Est Républicain du 10 octobre 2000)

Université

UTBM (ex- UTC de Sevenans) Université de Technologie de Sevenans est inaugurée en décembre 1985. Ce centre est une antenne de l’Université de Technologie de Compiègne et un symbole d’un renouveau universitaire en phase totale avec l’industrie. Ils ne sont qu’une quinzaine d’étudiants lors de la première rentrée.
Cette école a pour but de former des ingénieurs de très haut niveau et d’assurer une recherche de pointe en concertation avec les industriels de la région (Peugeot, Alsthom et Bull). Pour le maire de Belfort et ministre de l’Education Jean-Pierre Chevènement, l’enjeu est de faire de ce site un haut lieu de la recherche industrielle. D’ailleurs, lors de la création de l’Université de Technologie, les universitaires de Besançon ont craint le démantèlement de leur outil au profit des ambitions du ministre.

reportage de FR3 Picardie diffusé le 4 décembre 1985

Durant l’été 1990, Jean-Pierre Chevènement a initié le projet de création d’une seconde université en Franche-Comté. Un clivage très net est apparu entre les nordistes favorables au projet belfortain et les sudistes regroupés derrière Jean François Robert président de l’Université de Franche-Comté soucieux de conserver une seule et même structure pour toute la région. Le projet n’a pas été retenu par le ministère.

Urbanisme

En tant que maire de Belfort, Jean-Pierre Chevènement a contribué à développer sa ville.
Le 22 juin 1984, il signe un protocole d’accord avec le ministre de la Défense Charles Hernu pour échanger des terrains militaires : 120 ha situés au centre ville contre des terrains en périphérie. Le centre de Belfort peut ainsi être réaménagé. Jean-Pierre Chevènement obtiendra une Marianne d’Or en 1987 pour sa politique d’urbanisme et d’équipement.

reportage diffusé sur FR3 Franche-Comté le 10/10/1987

Sécurité

En septembre 1987, à la demande du conseil municipal conduit par Jean-Pierre Chevènement, Belfort devient l’une des 18 villes pilotes pour la prévention de la délinquance.

reportage diffusé sur FR3 Franche-Comté le 09/09/1983

1989 - 2011 : TGV Rhin-Rhône

Au début des années 90, l'Etat approuve l'idée d'une liaison ferroviaire Rhin-Rhône. Un homme politique va tout faire pour que le projet voit le jour et soit financé : le député maire de Belfort Jean-Pierre Chevènement.
Jean-Pierre Chevènement est nommé président de l’association Trans-Europe.
Cette association qui défend le projet du TGV Rhin-Rhône, se rassemble à Belfort en avril 1989. Et lors de cette réunion, le ministre de la Défense se montrait déjà très optimiste quant à l’inscription du projet au schéma directeur :

reportage de FR3 Franche-Comté diffusé le 29/04/1989

C'est en 2006 que les travaux commencent vraiment. Ils vont coûter 2 milliards 300 millions d'euros. Le chantier LGV devient l'un des plus importants de l'Europe. Des milliers d'emplois sont créés pour la construction de ses 140km de voies ferrées. Le 11 décembre 2011, un train roulera à plus de 300 km/h entre Dijon et Belfort. Pour la première fois, une ligne à grande vitesse va relier 2 villes de province sans rallier la capitale.

3. Chevènement, l'homme des mots

Jean-Pierre Chevènement se caractérise par ses nombreuses petites phrases
dont la plus célèbre est :

« Un ministre ça ferme sa gueule, ou ça démissionne… »

Cette phrase aurait été prononcée en 1983 alors qu’il est ministre de la recherche et de l'industrie.

D’après le journaliste Christophe Barbier en août 2000 dans l’Express, « Jean-Pierre Chevènement aurait dit cette phrase en réplique à François Mitterrand, alors président de la République, qui avait dénoncé en conseil des ministres, en février 1983, la « bureaucratie tatillonne » en se référant à celle du ministère de l'Industrie sous la conduite de Jean-Pierre Chevènement ». Ce dernier démissionnera le 22 mars 1983, mais la date à laquelle il lance sa « petite phrase » est incertaine.
D'autres publications, parmi lesquelles le mensuel La Décroissance, rapportent ces propos dans une légère variante : « Un ministre, ça ferme sa gueule, si ça veut l'ouvrir, ça démissionne. »
sources : « Démissionnaire en sursis », Christophe Barbier, L'Express (ISSN 0014-5270), 3 août 2000. « Comment rester fidèle à ses idées », non signé, La Décroissance (ISSN 1767-0187), nº 63, Octobre 2009, p. 14

Jean-Pierre Chevènement fut plusieurs fois nommé ou récompensé au Prix de l’humour politique. Ce prix récompense divers politiciens français ayant prononcé la phrase la plus drôle de l’année, qu’il s’agisse indistinctement d’humour volontaire ou involontaire.

1990, 3ème prix ex-aequo

Le mur de Berlin s'écroule. Un mort : Jacques Delors.

Jacques Delors ne lui en pas voulu : lors du colloque qui a réuni en 1996 à la Mutualité à Paris les leaders des grands partis de gauche, il s’est tourné vers Jean-Pierre Chevènement : « Je vis ces années depuis la chute du Mur de Berlin comme une sorte de sursis qui m'a été donné par l'existence puisque Jean-Pierre avec son humour féroce qui le caractérise avait dit après l'effondrement du communisme "la chute du Mur de Berlin a fait un seul mort Jacques Delors". »

1994

Les assises, c'est un peu dur pour le PS, la correctionnelle aurait suffi.

A propos des "assises de la transformation sociale", organisées par le Parti socialiste.

1998

Moins de 3 mois après son accident d’anesthésie qui a failli lui coûter la vie, il choisit encore l’humour devant les journalistes.
Pour sa première apparition publique, Jean Pierre Chevènement a choisi sa ville de Belfort lors du festival du film Entrevues et s'exprime en patois du Haut Doubs.

un reportage de France2 diffusé le 22 novembre 1998

Le ministre de l'Intérieur, c'est la femme de ménage du gouvernement.
Le Figaro, 5 juillet 1998.

Il répète cette expression lors de la présentation de sa carte de vœux en 2000 .

Janvier 2000

Alors ministre de l’intérieur, il demande à un artiste de lui créer une carte de vœux des plus insolites…

un reportage de France 2 diffusé le 12 janvier 2000

Cette carte fut l’objet de polémique et d’une demande de dommages et intérêts par le Comité Jeanne d’Arc. Le tribunal de grande instance de Paris jugera cette demande irrecevable en avril 2001. Il déclare tout de même que l’envoi d’une telle carte était totalement étranger à la fonction de ministre « si l’on considère qu’il ne peut relever des fonctions d’un ministre – de surcroît chargé des affaires de l’intérieur et des cultes- de se livrer à des agissements si contraires à la mission qui lui incombe d’œuvrer à la cohésion de la communauté nationale en s’interdisant de porter atteinte à la mémoire des plus hautes figures de son histoire ».

2007

Hollande propose des Assises de la Gauche. Pourquoi des Assises ? La correctionnelle suffirait.

La voix est libre

Jean-Pierre Chevènement, une histoire politique

Emission du 4 octobre 2014 présentée par Jérémy Chevreuil